Parfois la vie, … What the F$#@ ?

Si pour passer maître en stand up, il vous faudra secouer les zygomatiques de votre auditoire chaque trente secondes, Redouanne Harjane réussit le pari de réchauffer les joues et le coeur, malgré un ton plutôt sarcastique et une acidité à peine dissimulée dans sa dépeinte du monde actuel.

Le trentenaire formé au Cours Simon est également un mélomane averti. Son spectacle, très imprégné de son talent musical à la guitare, est rythmé de chansons absurdes qui font pensé aux compositions des WrigglesLire la suite

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Colors ! (And guests…) – vitrine de l’EFIT mais pas seulement !

Chocolat, Blue, Yellow, Purple, Émeraude ou Guest star invitée, Colors donne libre choix au public des personnages impliqués, des situations et du début de l’intrigue.

Les cinq compères, pour la plupart enseignants à l’EFIT, ont monté un spectacle relativement classique dans le monde de l’impro, basé sur des situations imaginées par les spectateurs pour se jauger, créer, collaborer ou se mettre en difficulté ensemble sur scène.

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Donel Jacksman round II

Le premier, j’y suis allée à l’aveugle, pour accompagner une amie qui l’avait découvert dans une émission télé (Venir à Paris c’est voir les gens en vrai yahou !)
Autant le second, je ne pourrais me défiler, j’y suis allée de mon plein gré !

Un stand up de qualité à la sauce US se doit d’agiter les zygomatiques de son audience à minima toutes les 20 secondes. Sinon faut rajouter des rires off (cf. Blagues de Chandler Friends Saison 1).

Je dois dire que son premier spectacle m’a semblé plus long par deux aspects :
– 1 : j’ai peu ri, ou plutôt souris, enfin pas l’éclate quoi…
– 2 : j’ai la réelle impression qu’il durait plus longtemps…plutôt 1h30 qu’1h.

Au-delà d’être plus bref, plus drôle et plus incisif, ce nouvel épisode est également :
– moins cliché (sauf pr les noirs et le poulet, conduit avec teeellement de bienveillance que ça ferait rire les
– plus mature (la diction s’en ressent, je pourrais presque le recommander à mon père sans craindre ses éternelles remontrances sur le rythme de parole des plus jeunes)
– plus affirmé (on apprécie les vannes sur ceux qui l’ont lancé, aka Ruquier et sa bande, surtout lorsque Benguigui en prends pour son grade) Lire la suite

C’est Darnand qui t’envoie !

Lorsqu’on se penche sur l’intrigue du roman La compagnie des Spectres (Écrit par Lydie Salvayre et paru en 1997), on comprends que le centre du livre est la relation mère-fille, décrite dans toute sa complexité, entre bienveillance d’une fille face à sa mère qui perd pieds, et amour sans bornes d’une mère pour ses enfants. Cette mère pour qui le temps s’est arrêté à la mort de son fils, et qui a entrainé sa fille et leur deux vies dans cet enfer, constitue déjà un rôle compliqué de part son oscillation constante entre passé et présent.

Zabou Breitman a pris le parti de jouer tout les rôles seule, et c’est réussi. Entrainés et maintenus en haleine grâce à un texte très rythmé, l’actrice prends toutefois le temps de détricoter la trame de chacun des trois personnages coincés malgré eux dans ce huit clos : L’huissier, qui tente de résister à l’angoisse ambiante qui règne dans l’appartement qu’il perquisitionne, la fille, qui jongle entre la réalité glaciale de leur situation et le passé fictif dans lequel elle rejoint parfois sa mère, et enfin cette mère pour qui tout semble s’être arrêté. Lire la suite

Des fleurs pour Algernon – Théatre du petit St Martin

Monologue de Grégory Gadebois
Inspiré du roman de Daniel Keyes (1959)
Mise en scène Anne Kessler

Une heure trentre d’un monologue pudique dans un décor minimaliste, dans une salle où l’on entend les mouches voler, tant le public est transporté dans l’imaginaire et la science-fiction de Daniel Keyes traduite avec émotion, pudeur et sincérité par Grégory Gadebois.

Seul sur sa chaise, face à la salle et surtout face à lui-même, le personnage nous entraîne dans le projet fou de deux scientifiques : tripler le quotient intellectuel d’un humain. Fort de leur (présumée) réussite chez une souris, deux scientifiques vont appliquer leur méthode sur Charlie Gordon, jeune homme un peu simplet subissant les moqueries de ses collègues.

Une expérience réussie qui entraîne le jeune Charlie dans une toute autre vie : fort de ses nouvelles aptitudes intellectuelles, ce dernier verra sa vie se transformer au gré de ses apprentissages et du regard de autres…jusqu’à la chute.

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Copyright photo Laurencinelot

Grégory Gadebois passe l’épreuve du monologue avec succès, et mène le spectateur là ou il l’entends sans artifice ni faux semblants. Une émotion sincère pour un homme qui semble puiser son talent d’acteur dans la vie réelle plutôt que dans des techniques de jeu.

Une réussite de plus pour celui qui aura intégré puis quitté la Comédie Française après une formation théatrale atypique.

Actuellement du mardi au dimanche au Théatre du petit St-Martin
http://www.petitsaintmartin.com/spectacle/piece/des-fleurs-pour-algernon
Durée : 1h30
Prix : 30€ prix unique

Graine de comédiens

Parmi les nombreuses écoles de théatre que compte la capitale, il y en a une dont le nom évoquera quelque chose aux initiés comme aux novices : Les cours Florent.

Crées en 1967, les cours Florent ont vu passé dans leurs murs quelques grands noms (Adjani, Baer, Canet, Elbaz, Elmaleh, Garcia et j’en passe, pour ne citer que les acteurs de cinéma, et les plus connus…).

Parmi tout ses élèves et d’autres apprentis comédiens, l’école sélectionne chaque année les élèves au meilleur potentiel pour former une promotion singulière : La classe libre.

Dirigée par Jean-Pierre Garnier, cette classe rassemble les meilleurs éléments, et contient pour sur des noms dont vous entendrez tôt ou tard parlé. Dans le cadre de leur formation, ces étudiants donnent des représentations gratuites auxquelles tout les étudiants de Florent assistent, mises en scène par leurs professeurs.

Ce samedi avait lieu une représentation de la pièce Jeunesse sans D.ieu (Adapté du roman de Ödön von HORVATH, paru en 1938). Deux heures de spectacle dans un contexte qui n’est pas sans appeler La Vague (film de Denis Gansel, 2008) où des élèves tombent peu à peu dans l’idéologie nazi suite à un « jeu pédagogique » organisé par leur professeur.

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Dans Jeunesse sans D.ieu, le professeur d’Histoire-Géographie, atteré par les propos racistes retrouvés dans la copie d’un élève, voit sa réputation ternie et sa carrière menacée. Son malaise le poussera jusqu’à se rendre responsable d’un drame lors d’une sortie de classe.

On notera le rythme, la polyvalence et l’implication de cette promotion de 2e année de la Classe Libre, qui révèle déjà certains talents, dont Paul-Emile PETRE, Alice ISAAZ et Mathieu Métral, particulièrement justes et touchants dans leurs rôles.

De l’impro!

Partis pour une enquête policière comparable au célèbre dernier coup de ciseaux, nous avons été surpris mais pas déçus.

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Théâtral suspects, ou l’impro de cinq comédiens (dont un arbitre plutôt loufoque) et d’un musicien/bruiteur dont la participation est à saluer tant elle apporte ce petit plus auquel improvisateurs peuvent se raccrocher pour nous faire rire.

Véritable effet de mode, l’impro a eu la difficulté et le mérite de donner un grand coup de jeune au théâtre, et surtout à celui qui fait rire : en cassant les codes (pas de texte préétabli, pas ou très peu de décors et costumes, recours incessant au mime…), l’improvisation offre à l acteur un champ de liberté presque total si tant est qu’il ai le talent de tisser le fil de la scène en respectant les contraintes imposées, plus ou moins strictes selon l’exercice.

Pour ce spectacle, c’est à vous de créer leur terrain de jeu en proposant un thème/objet/une situation qui sera peut être tiré au sort pour être joué.

Les différences de niveaux entre les quatre acteurs nuancent toutefois l’adhésion du public aux tableaux proposés, bien qu’il soit difficile de juger d’un improvisateur sur une seule représentation, chacun ayant ses soirs « sans » ou ses thèmes/exercices de prédilection.

Autre bémol, le thème de l’enquête policière n’est expédié qu’en fin de pièce sans réel fil conducteur. N’y allez donc pas dans l’idee d’assister à une « enquête participative » (dans ce cas, une seconde fois, allez plutôt assister au succès Dernier coup de ciseaux prolongé au théatre des mathurins jusqu’au 1e juin 2013)

 
Théâtral suspects
Tout les lundis au théâtre du splendid
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