Martin Martin découvre ses racines…

Ele_porteur_d_histoirelle tourne depuis 2011 mais la salle de désemplit pas. Les clés de succès résident sans nul doute dans l’originalité du texte, et dans la mise en scène difficile que ce dernier impose (mise en scène plébiscitée aux Molières).

Le porteur d’Histoire nous emmène à la découverte des racines de Martin Martin, personnage qui jonglera tout au long de cette pièce entre l’Histoire avec un grand H, et l’histoire qui est la sienne et celle de ces ancêtres.

La question centrale de cette pièce ne se fait pas attendre et est posée dès le prologue, « D’abord qu’est-ce que l’Histoire ? Avec un grand H ? […] C’est ce qui nous définit en tant qu’êtres humains. »

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Donel Jacksman round II

Le premier, j’y suis allée à l’aveugle, pour accompagner une amie qui l’avait découvert dans une émission télé (Venir à Paris c’est voir les gens en vrai yahou !)
Autant le second, je ne pourrais me défiler, j’y suis allée de mon plein gré !

Un stand up de qualité à la sauce US se doit d’agiter les zygomatiques de son audience à minima toutes les 20 secondes. Sinon faut rajouter des rires off (cf. Blagues de Chandler Friends Saison 1).

Je dois dire que son premier spectacle m’a semblé plus long par deux aspects :
– 1 : j’ai peu ri, ou plutôt souris, enfin pas l’éclate quoi…
– 2 : j’ai la réelle impression qu’il durait plus longtemps…plutôt 1h30 qu’1h.

Au-delà d’être plus bref, plus drôle et plus incisif, ce nouvel épisode est également :
– moins cliché (sauf pr les noirs et le poulet, conduit avec teeellement de bienveillance que ça ferait rire les
– plus mature (la diction s’en ressent, je pourrais presque le recommander à mon père sans craindre ses éternelles remontrances sur le rythme de parole des plus jeunes)
– plus affirmé (on apprécie les vannes sur ceux qui l’ont lancé, aka Ruquier et sa bande, surtout lorsque Benguigui en prends pour son grade) Lire la suite

Russian Red – Une espagnole qui fait son nid à Londres et en anglais…

… Ne vous laissez pas méprendre par le nom, Russian Red, aka Lourdes Hernández, n’a rien à voir avec le pays de Poutine, mais plutôt avec un top product d’une marque très américaine, le rouge à lèvres Russian Red de chez MAC. (In case vous n’avez jamais sauté le pas du rouge à lèvre juste-assez-rouge et MAT, comme les grandes, vous trouverez du Russian Red par ici !)

Au menu, de la guitare acoustique, pour livrer des balades alternant solo en fingerpicking et voix singulière, alliant profondeur Eva Cassidienne (rien que ça) et légère fragilité dans l’air qui pourrait rappeler Lene Marlin. Lire la suite

C’est Darnand qui t’envoie !

Lorsqu’on se penche sur l’intrigue du roman La compagnie des Spectres (Écrit par Lydie Salvayre et paru en 1997), on comprends que le centre du livre est la relation mère-fille, décrite dans toute sa complexité, entre bienveillance d’une fille face à sa mère qui perd pieds, et amour sans bornes d’une mère pour ses enfants. Cette mère pour qui le temps s’est arrêté à la mort de son fils, et qui a entrainé sa fille et leur deux vies dans cet enfer, constitue déjà un rôle compliqué de part son oscillation constante entre passé et présent.

Zabou Breitman a pris le parti de jouer tout les rôles seule, et c’est réussi. Entrainés et maintenus en haleine grâce à un texte très rythmé, l’actrice prends toutefois le temps de détricoter la trame de chacun des trois personnages coincés malgré eux dans ce huit clos : L’huissier, qui tente de résister à l’angoisse ambiante qui règne dans l’appartement qu’il perquisitionne, la fille, qui jongle entre la réalité glaciale de leur situation et le passé fictif dans lequel elle rejoint parfois sa mère, et enfin cette mère pour qui tout semble s’être arrêté. Lire la suite

Des fleurs pour Algernon – Théatre du petit St Martin

Monologue de Grégory Gadebois
Inspiré du roman de Daniel Keyes (1959)
Mise en scène Anne Kessler

Une heure trentre d’un monologue pudique dans un décor minimaliste, dans une salle où l’on entend les mouches voler, tant le public est transporté dans l’imaginaire et la science-fiction de Daniel Keyes traduite avec émotion, pudeur et sincérité par Grégory Gadebois.

Seul sur sa chaise, face à la salle et surtout face à lui-même, le personnage nous entraîne dans le projet fou de deux scientifiques : tripler le quotient intellectuel d’un humain. Fort de leur (présumée) réussite chez une souris, deux scientifiques vont appliquer leur méthode sur Charlie Gordon, jeune homme un peu simplet subissant les moqueries de ses collègues.

Une expérience réussie qui entraîne le jeune Charlie dans une toute autre vie : fort de ses nouvelles aptitudes intellectuelles, ce dernier verra sa vie se transformer au gré de ses apprentissages et du regard de autres…jusqu’à la chute.

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Copyright photo Laurencinelot

Grégory Gadebois passe l’épreuve du monologue avec succès, et mène le spectateur là ou il l’entends sans artifice ni faux semblants. Une émotion sincère pour un homme qui semble puiser son talent d’acteur dans la vie réelle plutôt que dans des techniques de jeu.

Une réussite de plus pour celui qui aura intégré puis quitté la Comédie Française après une formation théatrale atypique.

Actuellement du mardi au dimanche au Théatre du petit St-Martin
http://www.petitsaintmartin.com/spectacle/piece/des-fleurs-pour-algernon
Durée : 1h30
Prix : 30€ prix unique